Dernier ajout : 5 avril 2012.
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Les informations fournies dans les articles de cette nouvelle rubrique proviennent du remarquable ouvrage All that remains : The palestinian villages occupied and depopulated by Israel in 1948 (ed. Walid Khalidi )- Traduction : Philippe Lewandowski.
L’ouvrage édité par Walid Khalidi et publié en 1992 (second tirage : 2006) par the Institute for Palestine Studies (Washington, D.C.) recense, district par district, l’ensemble des 418 villages qui ont disparu de la carte.
Nous nous proposons d’en publier des extraits permettant de faire connaître aux lecteurs francophones la réalité de la Nakba (c’est-à-dire la catastrophe), nom donné par les Palestiniens à l’évènement tragique dont le gouvernement israélien, dans une vaine tentative d’effacer l’histoire réelle, prétend même interdire la commémoration.
Pour chacun des 14 districts traités, nous reproduirons la liste de tous les villages concernés avec leur population estimée en 1944/45, et en traduisant entièrement l’article consacré à l’un d’entre eux.


Indur (620 habitants) ; Ma‘lul (690) ; al-Mujaydil (1.900) ; Saffuriyya (4.330).
Le village était situé sur les plus basses pentes nord-est du mont al-Dahi, face au nord et surplombant la plaine de Marj ibn’Amir. Indur se trouvait à quelques kilomètres d’une grande route menant à Tibérias et Nazareth ; le pipe-line de l’Iraq Petroleum Company (IPC), qui appartenait aux Britanniques, passait à 0,5 km au nord du village. Le nom du village reflétait probablement celui de la ville cananéenne de Ayn Dur (Endor), « Source du sanctuaire », qui est citée dans la Bible en tant que lieu où Saul consulta un devin avant d’engager la bataille contre les Philistins (Premier livre des rois, 28 : 18-25). La ville antique a pu être localisée sur le site de Indur lui-même, soit sur celui de Tall al-‘Ajjul ou de Khirbat al-Safsafa, deux khirbats (ruines) du voisinage. Les Croisés l’ont appelé Endor. En 1596, Indur était un village de la nahiya (la plus petite division fiscale dans le premier système administratif ottoman) de Shafa (liwa’ [province] de Lajjun), et comptait 22 habitants. Il payait des taxes sur plusieurs récoltes, comprenant du blé, de l’orge et des olives, ainsi que sur d’autres types de propriétés comme des chèvres et des ruchers.

À la fin du dix-neuvième siècle, Indur était un village construit en briques d’adobe et situé sur la pente raide d’une colline. Plusieurs petites grottes se trouvaient en amont du village. Un fils éminent du village était Shaykh Tawfiq Ibrahim, un des dirigeants de la rébellion de 1936-39 contre les Britanniques. C’était un collaborateur de Shaykh ‘Izz al-Din al-Qassam,

le prêcheur musulman de Haifa, dont la mort dans l’action contre les troupes britanniques en 1935 a déclenché la rébellion de l’année suivante.

Indur était constitué en cordon de maisons plus ou moins décalées en fonction de la configuration du terrain. Ses maisons étaient faites de pierres et de ciment ou de pierres et de boue. Ses habitants étaient musulmans, à l’exception d’un chrétien. Une école élémentaire (qui accueillait également les enfants du village voisin de Nin) avait été mise en place sous l’autorité ottomane, mais fut fermée par le gouvernement du mandat britannique. En 1944/45, un total de 24 dunums (1 dunum = 919 m²) était consacré aux citrons et aux bananes, et 9.864 dunums étaient alloués
aux céréales ; 394 dunums étaient irrigués ou utilisés comme vergers, dont 184 dunums d’oliveraies. Les villageois pratiquaient également l’élevage. La présence de citernes taillées dans le roc, de silos et de tombes, ainsi que des maisons abandonnées dont les ruines étaient proches des demeures habitées du village, indiquent que le site était occupé depuis très longtemps.
L’historien israélien Benny Morris relate que le village fut occupé le 24 mai 1948 ; les habitants d’Indur ont pu fuir à la suite d’un assaut militaire et en raison de la chute de la ville voisine de Baysan. Bien que la plus grande partie de la vallée de Baysan ait été conquise par les troupes de la Haganah avant le 15 mai, la brigade Golani continua de « nettoyer et défendre » la région jusqu’au début juin.

Il n’y a pas d’implantation israélienne sur les terres du village. L’implantation de Davrat est toute proche, à l’ouest du site du village. Elle fut fondée en 1946 sur la limite entre les terres d’Indur et celles du village de Dabburiyya.
Plusieurs murs partiellement en ruines se dressent toujours sur le site du village. Des dattiers, des palmiers doum, des figuiers et des amandiers croissent sur les terres du village. Les terres des plaines environnantes sont cultivées par les Israéliens et les collines servent de pâturages.

Pour en savoir plus : english arabic,
Images : Palestineremembered.com
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