Dernier ajout : 27 février 2012.
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Les informations fournies dans les articles de cette nouvelle rubrique proviennent du remarquable ouvrage All that remains : The palestinian villages occupied and depopulated by Israel in 1948 (ed. Walid Khalidi )- Traduction : Philippe Lewandowski.
L’ouvrage édité par Walid Khalidi et publié en 1992 (second tirage : 2006) par the Institute for Palestine Studies (Washington, D.C.) recense, district par district, l’ensemble des 418 villages qui ont disparu de la carte.
Nous nous proposons d’en publier des extraits permettant de faire connaître aux lecteurs francophones la réalité de la Nakba (c’est-à-dire la catastrophe), nom donné par les Palestiniens à l’évènement tragique dont le gouvernement israélien, dans une vaine tentative d’effacer l’histoire réelle, prétend même interdire la commémoration.
Pour chacun des 14 districts traités, nous reproduirons la liste de tous les villages concernés avec leur population estimée en 1944/45, et en traduisant entièrement l’article consacré à l’un d’entre eux.


‘Ayn al-Mansi (90 habitants) ; al-Jawfa, Khirbat (?) ; al-Lajjun (5.409) ; al-Mazar (270) ; Nuris (570) ; Zir’in (1.420).
Le village se dressait sur le sommet plat et circulaire du mont al-Mazar. Les pentes de la montagne étaient escarpées de tous les côtés sauf au sud-est, où le terrain montait pour rejoindre les cimes des monts Jaylun proches. Al-Mazar était relié par une piste de boue au village de Nuris situé au-dessous de lui, et par une autre piste à deux villages voisins. Il a peut-être été appelé al-Mazar (mot arabe pour « un tombeau » ou « un lieu que l’on visite ») parce qu’il renferme les tombes d’un grand nombre de ceux qui tombèrent lors de la bataille décisive de ‘Ayn Jalut (1260), lors de laquelle les Mameluks d’Égypte triomphèrent des Mongols.

À la fin du dix-neuvième siècle, al-Mazar était un village construit en pierres au sommet d’une montagne. Bien que le terrain fût très rocheux, quelques oliviers étaient plantés autour des maisons, et un puits avait été creusé au sud-est. Les habitants de al-Mazar étaient musulmans. Ils faisaient remonter leurs origines aux nomades al-Sa’diyyun, qui eux-mêmes descendaient de Shaykh Sa’d al-Din al-Shaybani (mort en 1224), un éminent mystique soufi du village de Jaba dans le Golan, en Syrie. Le village était habité par les membres d’une confrérie soufie et était le lieu d’un pèlerinage musulman. C’était la demeure de Shaykh Farhan al-Sa’di, un dirigeant important de la révolte palestinienne de 1936.

Al-Mazar possédait une mosquée dans sa partie orientale. Les maisons de al-Mazar occupaient le sommet de la montagne, entourées par des terres agricoles. L’agriculture, épine dorsale de l’économie du village, était basée sur des céréales, des fruits, des légumes, et des olives. En 1944/45, 5.221 dunums (1 dunum = 919 m²) étaient alloués aux céréales, 229 dunums, dont 68 étaient réservés à des oliviers, étaient irrigués ou utilisés pour des vergers.

Occupation et nettoyage ethnique
Les troupes israéliennes pénétrèrent dans al-Mazar et l’occupèrent après avoir pris les villages de Nuris et de Zir’in le 30 mai 1948. La History of the war of independance affirme que l’unité à l’œuvre était le Quatrième bataillon de la Brigade Golani. Auparavant, en avril, le Quartier général du Palmach avait ordonné à son Premier bataillon de « détruire les bases ennemies » dans les trois villages, mais ces ordres semblent ne pas avoir été exécutés immédiatement.

Peu de temps après avoir occupé ce village, les troupes israéliennes partirent attaquer la ville de Jénine, qu’elles ne parvinrent pas à prendre.
Implantations israéliennes sur les terres du village
Il y a trois implantations israéliennes sur les terres du village : Perazon, fondé en 1953 ; Meytav, fondé en 1954 ; et Gan Nir, fondé en 1987.
Le village aujourd’hui
Le site est recouvert d’épines et de cactus, et parsemé de moellons en pierres.

Aucune des maisons ni aucune borne du village ne demeure. Des amandiers et des cactus poussent sur des parties des terres du village. Les collines sont utilisées comme pâturages, et d’autres parties sont occupées par des forêts.

Information en anglais et en arabe sur le site de palestineremembered
Images Palestineremembered