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Le District d’Acre (n° 1 de notre série de 14 districts)

Dernier ajout : 23 septembre 2011.

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Les informations fournies dans les articles de cette nouvelle rubrique proviennent du remarquable ouvrage All that remains : The palestinian villages occupied and depopulated by Israel in 1948 (ed. Walid Khalidi )- Traduction : Philippe Lewandowski.

L’ouvrage édité par Walid Khalidi et publié en 1992 (second tirage : 2006) par the Institute for Palestine Studies (Washington, D.C.) recense, district par district, l’ensemble des 418 villages qui ont disparu de la carte.

Nous nous proposons d’en publier des extraits permettant de faire connaître aux lecteurs francophones la réalité de la Nakba (c’est-à-dire la catastrophe), nom donné par les Palestiniens à l’évènement tragique dont le gouvernement israélien, dans une vaine tentative d’effacer l’histoire réelle, prétend même interdire la commémoration.

Pour chacun des 14 districts traités, nous reproduirons la liste de tous les villages concernés avec leur population estimée en 1944/45, et en traduisant entièrement l’article consacré à l’un d’entre eux.

Les Palestiniens aussi ont droit à leurs livres du souvenir.

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Les districts de la Palestine avant 1948

Les villages détruits du district d’Acre

‘Amqa (1.240 habitants) ; ‘Arab al-Samniyya (200) ; al-Bassa (2.950) ; al-Birwa (1.460) al-Damun (1.310) ; Dayr al-Qasi (2.300) ; al-Ghabisiyya (1.240) ; Iqrit (490) ; ‘Iribin, Khirbat (360) ; Jiddin, Khirbat (1.500) ; al-Kabri (5.360) ; Kafr ‘Inan (360) ; Kuwaykat (1.050) ; al-Manshiyya (810) ; al-Mansura (2.300) ; Mi’ar (770) ; al-Nabi Rubin 1.000) ; al-Nahr (610) ; al-Ruways (330) ; Suhmata (1.130) ; Al-Sumayriyya (760) ; Suruh (1.000) ; al-Tall (300) ; Tarbikha (1.000) ; Umm al-Faraj (800) ; Al-Zib (1.910).

Le district d’ACRE

Le village d’ al-Mansura

Avant 1948

Classé comme hameau dans le Palestine Index Gazetteer, al-Mansura se situait sur l’épaule nord d’une montagne en Haute Galilée. Le sommet de la montagne s’élevait derrière le village, au sud, et de vastes étendues de terres s’étiraient en dessous du village vers l’est, l’ouest et le nord. Al-Mansura faisait partie du Liban jusqu’en 1923, lorsque les Anglais et les Français délimitèrent les frontières internationales dans cette région et le placèrent en Palestine. Une route secondaire le reliait à la grande voie Acre-Ras al’Naqura sur la côte. Ses maisons étaient construites à quelque distance les unes des autres. Al-Mansura était majoritairement chrétien ; il avait sa propre église. Il obtenait son eau potable d’une source au Nord et de trois citernes d’eau au sud. Son économie se basait principalement sur l’agriculture et l’élevage. Des oliviers étaient plantés sur 900 dunums (1 dunum = 919 m²) appartenant aux habitants d’al-Mansura et des localités voisines de Fassuta et Dayr al-Qasi. En 1944/45, en tout 6.475 dunums des terres des trois villages étaient consacrés aux céréales ; 1.617 dunums étaient irrigués ou occupés par des vergers. À côté du village étaient deux khirbas (ruines) contenant les fondations, des presses, des citernes, et les restes d’un fort.

Occupation et nettoyage ethnique

Le village fut attaqué probablement en octobre 1948, lors de l’opération Hiram. Plus tard, à la mi-novembre 1948, l’armée israélienne décida de vider le côté israélien de la frontière israélo-libanaise de ses villages arabes. Elle ordonna aux habitants d’al-Mansura de partir ; quelques-uns passèrent au Liban, mais la plus grande part fut emmenée en camion au village d’al-Rama, dans le sud. En février 1949, l’église maronite fit appel au gouvernement israélien an faveur des villageois, demandant qu’ils soient autorisés à retourner dans leurs maisons, mais cela fut refusé. De nombreuses années durant, les habitants d’al-Mansura restés en Israël réitérèrent leurs plaidoiries auprès des autorités israéliennes, mais en vain.

Implantations israéliennes sur les terres du village

Netu’a, fondé en 1966, est à moins d’un kilomètre du site du village, sur le territoire du village. Elqosh a été établi en 1949 sur une partie des terres du village. Biranit a été construit au début des années 50 sur le territoire du village ; son nom originel était al-Mansura. Mattat, fondé en 1979, et Abbirim, fondé en 1980, sont également sur le territoire du village.

Le village aujourd’hui

Les maisons du village ont été complètement rasées. Beaucoup des débris qui en résultaient ont été repoussés en tas vers la limite nord du site. Des tiges d’armature de fer émergent de quelques-uns des plus gros blocs de ciment. Le site est utilisé comme pâturage pour les bovins et a été entouré par une clôture de fil de fer. À l’ouest du site se trouve une coopérative de volailles appartenant à l’implantation de Netu’a. Le seul édifice du village encore debout est l’église de Mari Yohanna, qui se trouve à 200 m au sud du site, sur la pente de la montagne.

Son plafond et une partie de ses murs se sont écroulés. Des vignes ont été plantées entre l’église et le site du village, et un terrain d’atterrissage ainsi qu’une base militaire se trouvent sur le sommet de la montagne, au sud.

Pour en savoir plus : english arabic, sur le site palestineremebered

Images : Palestineremembered.com

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