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Exemple de démocratie « à l’israélienne » ! (ndlr)

Israël accusé de vouloir museler la contestation pro-palestinienne

Mercredi, 20 janvier 2010 - 23h12

mercredi 20 janvier 2010

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Depuis plusieurs mois, Israël multiplie les arrestations de militants israéliens et palestiniens opposés à la barrière de séparation en Cisjordanie et à la colonisation juive à Jérusalem-Est. Une répression qui vise, selon ses détracteurs, à faire taire une contestation légitime.

Parmi les militants israéliens et palestiniens arrêtés ces derniers mois, figurent les organisateurs des manifestations hebdomadaires contre le « mur » isolant Israël de la Cisjordanie et des partisans des boycottages internationaux des produits israéliens. Certains militants palestiniens n’ont été relâchés, sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux, qu’après des semaines et des mois d’interrogatoires.

Par ailleurs, Israël a annoncé mercredi le départ d’un journaliste américain qui travaillait pour l’agence de presse palestinienne Maan, en Cisjordanie. Arrêté la semaine dernière à l’aéroport de Tel Aviv en provenance de Prague, Jared Malsin était accusé d’avoir menti sur les raisons de sa venue et d’avoir dépassé régulièrement la date d’expiration de son visa lors de précédents séjours en Israël.

Un tribunal israélien avait ordonné puis reporté son expulsion la semaine dernière le temps de creuser le dossier. Un porte-parole du tribunal a affirmé que l’intéressé avait d’abord fait appel de son expulsion puis retiré cet appel, le ministère israélien de l’Intérieur ajoutant que le journaliste avait embarqué dans un vol pour New York.

L’agence Maan voit dans cette affaire une sanction contre sa ligne éditoriale pro-palestinienne et craint que Jared Malsin n’ait retiré son appel sous la pression.

Les manifestations organisées tous les vendredis dans les villages palestiniens de Bilin et Naalin contre le « mur » sont, avec les veillées organisées dans le quartier de Sheik Jarrad à Jérusalem-Est, les principales actions de mouvement de protestation contre la politique d’Israël à l’égard des Palestiniens.

La police israélienne a intensifié la répression contre ces manifestations, interpellant un nombre croissant de militants. En Cisjordanie, les soldats tirent des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes et des balles réelles pour disperser les opposants à la barrière.

Quelque 70 manifestants ont été arrêtés à Jérusalem-Est ces derniers mois, selon des ONG israéliennes. Lors d’une manifestation contre les expropriations vendredi dernier, 17 Israéliens ont également été interpellés à Jérusalem, dont Hagai Elad, directeur de l’Association pour les droits civiques en Israël.

Ils ont été relâchés au bout de 36 heures, mais M. Elad a dénoncé une « intensification spectaculaire des efforts pour museler la contestation ». Une tendance qui a, selon lui, commencé l’an dernier durant l’offensive contre la bande de Gaza avec l’arrestation de centaines de militants pacifistes.

Le porte-parole de la police israélienne Mickey Rosenfeld a affirmé qu’il n’y avait « pas de campagne » d’arrestation, expliquant que les récentes manifestations à Jérusalem-Est n’avaient pas les autorisations requises.

En Cisjordanie, depuis 2005, les villageois de Bilin défilent chaque vendredi contre la « barrière de sécurité », rejoints par des sympathisants israéliens et venus d’autres pays. A Naalin, les marches ont commencé il y a deux ans. Israël considère ces manifestations illégales.

Régulièrement, des manifestants jettent des pierres en direction des soldats israéliens et les marches dégénèrent : au fil des ans, une personne a été tuée à Bilin et cinq à Naalin par les soldats israéliens, dont certains ont également été blessés.

Depuis juin, Israël a arrêté une trentaine d’habitants de Bilin, essentiellement lors de raids nocturnes, et plus de 100 à Naalin. L’enseignant Abdullah Abou Rahmeh, leader de la contestation à Bilin, est détenu depuis le mois dernier.

Deux militants palestiniens de premier plan ont été récemment libérés sans aucune inculpation : Jamal Juma, coordinateur de la campagne « Stop the Wall », après 17 jours de détention, et Mohammed Othman, partisan d’un boycottage contre Israël, relâché après près de quatre mois de détention.

M. Othman, arrêté à son retour d’un voyage en Norvège, raconte avoir été interrogé presque quotidiennement. « Les questions se concentraient sur le mouvement de boycottage : ’comment y travaillez-vous et qui sont vos contacts ?’ », a-t-il précisé.

Les enquêteurs ont fouillé son ordinateur, son téléphone portable et ses comptes e-mail, et il a dû payer une caution de 2.700 dollars. M. Othman assure toutefois qu’il poursuivra ses activités militantes. « Je ne fais rien d’illégal », souligne-t-il. « Tout mon travail a été fait au grand jour. » AP